qu'en ce petit après-midi d'octobre. Tiens, je ne sais déjà plus écrire sur un clavier français AZERTY normal. Je développe l'habitude d'écrire sans les accents. C'est curieux, alors que la douleur de les éviter en QWERTY n'est par ailleurs pas encore partie.
J'ai l'impression d'une plongée sous-marine dans le monde de mon enfance en revenant dans la maison de mes parents, même alors que ce n'est plus l'appartement où nous avons vécu lorsque j'étais enfant, et qu'il n'y a plus ma mère et pas encore ma soeur pour créer l'illusion de la cellule familiale retrouvée. Hier soir j'ai parlé au téléphone avec ma mère. Ça faisait depuis mars, je lui fais remarquer, qu'on ne s'était pas parlé de vive voix. Mais elle était trop occupée à fondre en larmes. Dieu sait pourquoi. Nous avons parlé un peu de mes études, répété ce qu'on s'était dit par e-mail. C'est bien que je fasse une licence FLE, qu'elle me dit ; c'est un diplôme utile... "Oui, en même temps j'aimerais qu'il ne me soit que minimalement utile, tu vois, parce qu'enseigner le français aux étrangers, au fond, ce n'est pas mon truc."
"Ah oui, ton truc, ce serait plutôt l'interprétariat."
"C'est-à-dire... pour être tout à fait honnête, je ne crois pas non plus que l'interprétariat soit fondamentalement fait pour moi."
"Mais aucun métier n'est fait pour toi !" (Comprendre : tu es trop difficile.)
Merci maman. Oui, c'est vrai que nous venons de faire le tour de tous les métiers du monde. C'est presque de l'art, de savoir généraliser à ce point, à partir de rien.
"Non. D'abord, j'ai décidé que si ma soeur va l'an prochain à New York, j'irai avec elle."
"Faire quoi ?"
"Tu verras." En vérité, il est impossible de parler à ma mère de choses qui comptent.
mercredi 8 octobre 2008
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4 commentaires:
Moins les langues (ainsi qu'un petit détail sans importance), il me semble que c'est de ma vie dont on parle ici.
Tiens... Comment es-tu tombé sur mon blog, à moins que je te connaisse ? (Mais je ne le crois pas.) Par hasard, Google ? Ha ha. C'est peut-être l'entrée la plus infâme de tout le blog, la dernière, qui est d'ailleurs en réalité un truc amputé ; je pense que cela se voit. La suite devait consister à vous dévoiler à vous, chers lecteurs, ce dont je n'arrive pas à parler à ma mère, c'est-à-dire que je n'envisage pas d'autre carrière pour moi que celle d'écrivain, de romancier, mais aux États-Unis, parce qu'en France l'industrie littéraire est rigide (sauf peut-être dans le genre politique ? si j'avais le courage de m'y intéresser). Écrire dans le sens d'être publié et de se faire des thunes est en effet un art beaucoup plus artisanal et moins artistique qu'on ne se le représente... J'ai fait une chose déplaisante dernièrement, à savoir que j'ai manqué d'enthousiasme lorsque l'homme que je respecte le plus au monde a prononcé la seule chose qui eût du sens dans toute l'insipide conversation que nous avons eu ce jour-là. Ce que l'on peut encore offrir à l'Art... Moi je n'y pense plus guère, puisque je pense à vendre. Ce qui n'a rien de plus dégoûtant qu'autre chose. Écrire est un métier comme les autres, à peine moins abêtissant que la majorité, et n'étant pas une héritière, j'ai vite compris qu'un métier m'était nécessaire pour subsister, like it or not.
Tes lecteurs ne sont qu'une abstraction.
Tu as beaucoup écrit et j'ai du mal à suivre. Je ne suis pas un littéraire : j'ai choisi la voie de la science, pour m'éloigner le plus possible de cette société, de sa logique. Mais passons. À ce qu'il me semble, ce commentaire tu l'as écrit surtout pour toi-même. Ces morceaux de vie hors contexte, comment dire... En fait je n'ai rien à dire. Donc je m'arrête ici pour ce soir.
Peut-être l'ai-je écrit pour les gens qui savent de quoi je parle. Un blog, c'est pour quand on a la flemme, ou peur d'écrire des courriers individuels, mais qu'on se doute qu'il y a des êtres, là-bas de l'autre côté de la toile, qui veulent bien entendre ce que l'on fabrique. Jusqu'à nouvel ordre, les seuls lecteurs que je me connaisse n'ont rien d'une abstraction ; ce sont mes amis, et je ne sais pas ce que je ferais sans eux, à part mourir. Les autres, j'en ai trop rien à fiche.
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