Je suis allée chercher mes nouvelles lunettes. Prothèses pour handicapés de la vue. J'ai rejoint le cercle très fermé mais en constante expansion des bigleux. Dieu merci, porter des lunettes me rend malade, aussi ne les utilisé-je que très peu.
Mes parents n'ont pas le droit de pendre du linge à sécher sur la terrasse, parce que cela se verrait depuis la rue, or ce n'est pas le genre du quartier (comprendre que cela fait sans doute trop populaire). Comme c'est monstrueusement ridicule.
J'écris à présent d'une façon artisanale, ce que je ne me serais jamais crue capable de faire. Je qualifie une activité d'artisanale lorsque, au lieu d'être guidée par le sentiment imprévu de l'inspiration, elle s'accomplit par un rituel exclusivement mécanique et machinal. Ainsi le dessin est-il chez moi un acte hautement artisanal, puisqu'essentiellement je copie et reproduis. La main dessine, et moi pendant ce temps je peux réfléchir à autre chose. La main dessine, et cela prend le temps qu'il faut, pas plus, pas moins, sauf si la main flanche au milieu de la tâche. Il lui suffit de faire ce qu'elle a à faire, en s'appliquant.
En écriture, cela signifie que je dispose de vocabulaire, de tournures, de modèles syntaxiques, et que, songeant à ce que je souhaite exprimer, je passe le temps (en attendant la mort) en construisant un tas de phrases, les unes à la suite des autres, de façon machinale, que j'élimine au fur et à mesure jusqu'à trouver celle qui me convient. Le cœur n'y est qu'à moitié, mais cela délasse la tête. Au demeurant, je suis faite pour les émotions faibles et les saveurs fades. Tout évènement plus puissant me donne l'impression d'être en train de mourir...
dimanche 17 juin 2007
lundi 11 juin 2007
La différence entre vous et moi...
... et la raison pour laquelle vous ne pouvez pas comprendre, est que vous n'avez pas, vous, grandi dans le Sud, en Catalogne, où les murs des églises sont faits de galets, où des palmiers dépassent de jardins cachés, où les moulures jaunissent dans de vieilles façades roses, où l'eau coule du balcon dans les rues du quartier gitan, sur les trottoirs, où les enfants jouent. Désœuvrement sous tension. Comme si, ici, ce soir, et tous les autres soirs, quelque chose se préparait. Mais cela ne nous regarde pas ; c'est un moment privé que l'on a surpris.
Je ne sais que penser de cette malchance, de cet échec qui me poursuit. Peut-être le temps a-t-il fini par me l'attacher au point où je serais en réalité désarmée de ne plus pouvoir me réclamer de la classe des perdants, la classe des grands ratés. Je m'explique : j'avais cette belle opportunité d'aller à Berlin subventionnée, pour y participer en tant que journaliste à la couverture d'une Rencontre européenne de Jeunes. Selon ma sœur, j'avais typiquement le profil. J'ai envoyé ma candidature. Ils ne m'ont pas retenue. Je vais donc à Berlin par mes propres moyens, et j'y vais véritablement, puisque les billets d'avion sont désormais payés. (glee)
J'ai passé hier quelques heures sur le net à découvrir avec stupéfaction les activités parallèles de l'un de mes enseignants à l'INALCO, et ce que la presse virtuelle en a dit. L'affaire est joyeuse à sa manière. Quoique le lien de cause à effet soit en apparence pour le moins ténu, cela me donne envie de continuer à jouer les trouble-fêtes au sein de l'Institut. J'ai en revanche soudain (depuis plusieurs jours en fait) un vide dans ma tête en ce qui concerne l'objet de cette revue littéraire que j'aspire à lancer depuis plus d'un an... Mettons qu'avec la mauvaise plume que j'ai (je parle du style), je ne me sens à la hauteur de rien d'utile, d'intéressant, encore moins de nécessaire. Les autres, oui. Mais moi ! ... Ah, la déprime !
Je ne sais que penser de cette malchance, de cet échec qui me poursuit. Peut-être le temps a-t-il fini par me l'attacher au point où je serais en réalité désarmée de ne plus pouvoir me réclamer de la classe des perdants, la classe des grands ratés. Je m'explique : j'avais cette belle opportunité d'aller à Berlin subventionnée, pour y participer en tant que journaliste à la couverture d'une Rencontre européenne de Jeunes. Selon ma sœur, j'avais typiquement le profil. J'ai envoyé ma candidature. Ils ne m'ont pas retenue. Je vais donc à Berlin par mes propres moyens, et j'y vais véritablement, puisque les billets d'avion sont désormais payés. (glee)
J'ai passé hier quelques heures sur le net à découvrir avec stupéfaction les activités parallèles de l'un de mes enseignants à l'INALCO, et ce que la presse virtuelle en a dit. L'affaire est joyeuse à sa manière. Quoique le lien de cause à effet soit en apparence pour le moins ténu, cela me donne envie de continuer à jouer les trouble-fêtes au sein de l'Institut. J'ai en revanche soudain (depuis plusieurs jours en fait) un vide dans ma tête en ce qui concerne l'objet de cette revue littéraire que j'aspire à lancer depuis plus d'un an... Mettons qu'avec la mauvaise plume que j'ai (je parle du style), je ne me sens à la hauteur de rien d'utile, d'intéressant, encore moins de nécessaire. Les autres, oui. Mais moi ! ... Ah, la déprime !
samedi 9 juin 2007
Le pari de Pascal
J'avais une idée, une idée folle, celle d'aller à Berlin cet été, bientôt, dans deux semaines. Je me disais que d'un point de vue symbolique, il était nécessaire que cette idée se réalisât, car c'est ainsi que l'on se prouve que l'on est sorti de l'impuissance de l'enfance, c'est lorsque l'on se met à réaliser les idées folles que l'on a. Du reste, j'ai connu depuis l'été dernier un besoin croissant de fuite, et bien sûr que c'est lâche, mais par pitié, que l'on nous autorise cette lâcheté ! Mon souci principal, actuellement, est qu'un voyage à Berlin, ça coûte de l'argent, beaucoup plus d'argent à vrai dire que je n'en ai. Aussi, si j'étais raisonnable, comme ma mère aimerait que je le sois, peut-être que j'abandonnerais cette idée folle ; ce serait toujours autant de sous d'économisés. Mais voyez-vous, quel que soit le malaise général que j'éprouve vis-à-vis du fait de dépenser, et quoique la culpabilité me tenaille de vivre sur les revenus de mes géniteurs, sur ce point précis il me semble soudain plus dégoûtant d'économiser, ce qui équivaudrait à une sorte de "masochisme pusillanime", que de claquer, claquer cette thune que je n'ai pas, mais qu'ils ont, eux — car un tel acte, si dépourvu d'excuse, d'honneur et de légitimité, ne peut être dès lors que désespéré.
Je me lave désormais les dents environ une fois tous les deux jours. J'ai dans la bouche un trou, que je ressens comme un manque, une absence. "Une seule dent vous manque et tout est dépeuplé." J'avoue entretenir l'espoir secret de ne pas avoir à subir d'anesthésie générale ni l'opération qui la nécessiterait, bien que l'on m'ait promis de jolies complications si l'on me laissait en l'état. J'ai dans la bouche un trou. J'ai dans ce trou une épée de Damoclès.
Hier soir nous avons regardé "Ma nuit chez Maud" (Eric Rohmer, 1969).
J'ai mis les Carpenters. Il fait chaud et je ne vais pas voter.
Je me lave désormais les dents environ une fois tous les deux jours. J'ai dans la bouche un trou, que je ressens comme un manque, une absence. "Une seule dent vous manque et tout est dépeuplé." J'avoue entretenir l'espoir secret de ne pas avoir à subir d'anesthésie générale ni l'opération qui la nécessiterait, bien que l'on m'ait promis de jolies complications si l'on me laissait en l'état. J'ai dans la bouche un trou. J'ai dans ce trou une épée de Damoclès.
Hier soir nous avons regardé "Ma nuit chez Maud" (Eric Rohmer, 1969).
J'ai mis les Carpenters. Il fait chaud et je ne vais pas voter.
vendredi 8 juin 2007
Confiteor
Česká moderna byla skupina mladé generace českých spisovatelů v 90. letech 19. století.
Skupina se zformovala na základě Manifestu České moderny, jenž byl vydán v roce 1895. Jeho autorem byl básník Josef Svatopluk Machar. Kvůli vnitřní nejednotnosti měla skupina jen krátké trvání.
--
Le tchèque, c'est joli. Autrement dit, Česká moderna fut le résultat éphémère d'un regroupement d'écrivains tchèques, représentants dans les années 1890 de la nouvelle génération qui allait notamment donner naissance aux mouvements du Symbolisme et de la Décadence. Paradoxalement, l'auteur principal du manifeste, le poète Josef Svatopluk Machar, évolua en solitaire loin de ces tendances, anticipant en quelque sorte le ton réaliste qui se généralisa dix ans plus tard. D'où hommage.
Skupina se zformovala na základě Manifestu České moderny, jenž byl vydán v roce 1895. Jeho autorem byl básník Josef Svatopluk Machar. Kvůli vnitřní nejednotnosti měla skupina jen krátké trvání.
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Le tchèque, c'est joli. Autrement dit, Česká moderna fut le résultat éphémère d'un regroupement d'écrivains tchèques, représentants dans les années 1890 de la nouvelle génération qui allait notamment donner naissance aux mouvements du Symbolisme et de la Décadence. Paradoxalement, l'auteur principal du manifeste, le poète Josef Svatopluk Machar, évolua en solitaire loin de ces tendances, anticipant en quelque sorte le ton réaliste qui se généralisa dix ans plus tard. D'où hommage.
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