jeudi 4 octobre 2007

Thraco-illyriens, Valaques et Protobulgares

Je suis accro aux knedlíky.

Je me rappelle pourtant combien j'avais été déçue lorsque je les ai découverts à Prague (Pâques 2006). C'était donc ça, les fameux knedlíky dont tout le monde parlait, le symbole de la gastronomie tchèque ? Les knedlíky, qui sont traduits dans les menus en anglais par le terme vague de "dumpling", appartiennent à la famille alimentaire du pain. Mais à la différence de celui-ci, ils ne possèdent pas de véritable croûte, leur mie est plus dense et plus molle à la fois, leur couleur est plus blanche, voire tirant sur le grisâtre (excepté dans le cas des bramborové knedlíky, autrement dit à la pomme de terre), et leur saveur est plus fade. A priori, donc, rien de très excitant. Et pourtant si, ils m'excitent. J'ai désormais beaucoup de difficulté à — oh, disons même que je ne peux pas — résister à la moindre occasion d'en bouffer. Ces drôles de quenelles végétariennes exercent sur moi une attraction incompréhensible.

Hier soir avait lieu les présentations respectives de la Pologne et de la Hongrie. Celle de la Pologne était une animation vidéo très pro, assez impressionnante, qui ne manquait peut-être que d'un peu d'interactivité, comme l'a souligné Marcela a posteriori... Ceci dit, c'était quand même la Pologne, et ça m'a chaviré le cœur. Varsovie avant 1939, pendant la guerre et puis aujourd'hui. Le matin même, j'avais rendu un petit devoir en tchèque où je racontais comment ç'avait été paradisiaque au Polonicum, et la fascination que Varsovie exerçait sur moi. Varsovie, la ville dont l'histoire repose dans ce qui n'est pas. Je suis amoureuse de ce pays, et surtout de cette ville.

Il y avait Tereza, dont j'avais vu la veille la représentation théâtrale : "Romeo a Julie" version très amateur, mais dans une certaine mesure inspirée sur le plan du décor et de la musique. Dans tous les cas, ça m'a donné une terrible envie de m'y mettre moi aussi, au théâtre. Je rêve.

Le Pan Ředitel ne me faisait plus aucun effet. Ou du moins pas plus qu'un effet serein. Je le domine, tu vois. Parce qu'il est descendu d'un relatif piédestal, je l'aime d'un coup comme j'en ai aimé beaucoup d'autres : d'une façon un peu condescendante, presque maternelle, et un peu narquoise.

Mais que signifiait donc, lorsque nous avons été au Remix, d'enlever son pull, ce qui a tiré d'un coup tous ses habits et a révélé un grand bout de son torse, exactement au moment où il est passé à côté de nous ? Puis il a balancé son pull sur la banquette, dans mon dos. Il est parti tôt. Moi aussi, toutes proportions gardées, après avoir vainement tenté de m'amuser en dansant.

Ce soir j'étais à l'ISC pour proposer mes services de prof de français. Lui se trouvait dans le bureau avec deux autres filles quand je leur en ai parlé, et cela, en plus de cette histoire de pull hier, a achevé de me persuader qu'il n'a finalement rien de spécialement "mimi, discret, décent". Du moins pas plus qu'un autre. Moi je tirais sur mon écharpe, je m'emmêlais dans mon tchèque ; en somme, je faisais l'idiote, Dieu sait pourquoi, peut-être juste parce qu'il était là et qu'il me parlait, mais tellement impersonnellement.

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