mardi 10 novembre 2009

Assignment

Trouvez des mots pour caractériser la ville de Montréal telle que vous la voyez.

1) Escaliers. Montréal : les escaliers.

Je viens de donner la moitié restante de mon café à un robineux devant la BAnQ. Je devrais être soulagée d'avoir trouvé un meilleur moyen de m'en débarrasser que la poubelle (je ne supporte décidément que le café sans goût de Café Dépôt), mais au lieu de cela je me sens embarrassée. Pourquoi faire croire à ce pauvre homme que je ne suis pas francophone ? Le problème ici est que tout le monde s'adresse à vous dans les deux langues, tour à tour. Même le dernier des SDF est basiquement bilingue. Pour ma part, j'ai tendance à enchaîner sur la dernière utilisée, souvent l'anglais, ce qui est censé la ramener à un statut secondaire. Ou bien c'est juste que j'ai trop pris l'habitude de m'exprimer spontanément en anglais pour toutes les choses qui n'ont pas d'importance.

vendredi 23 octobre 2009

Hontes et éhontisme

Zdeněk ne comprenait pas ce que je voulais dire lorsque je parlais de choses honteuses dont mon quotidien était trop truffé pour qu'on en fasse un film docu anodin. Et moi, je ne trouvais pas d'exemple à lui fournir. Pour une raison, déjà, c'est que si j'avais pu déblatérer à la demande une ribambelle de ces choses, alors je ne les aurais pas appelées honteuses. Quoi qu'il en soit, comme je soutiens de toutes mes forces l'exhibition des réalités honteuses de nos existences d'humains, je vais vous le servir aujourd'hui, l'exemple qui ne me venait pas à l'esprit il y a deux ans.

Mon oncle achète des paquets de chips, voyez-vous, et les dissémine encore à moitié rempli dans diverses places de l'appartement. L'une de ces places est la table où se trouve également son ordinateur. Tu paries que lorsque je glandouille, béate, devant son écran pendant des heures, ma main fait toute seule le trajet jusqu'à l'intérieur du paquet (oui, je sais, c'est saaale de manger en étant devant l'ordinateur ! et une première chose honteuse, une !). Du coup, la semaine s'écoule et ô misère, ô désespoir, le paquet est vide. Comme je ne veux pas qu'on me soupçonne de manger le bien d'autrui, à moins que celui-ci ne soit au bord de la décomposition, auquel cas je prends légitimement mon estomac pour une poubelle, j'ai acheté un paquet de chips identique et en ai transféré le contenu de moitié dans le paquet par moi vidé.

Ensuite je cache le paquet de chips neuf, histoire de faire disparaître toutes preuves accablantes. N'est-ce pas honteux ? Et qui à l'esprit sain voudrait inclure cela à un documentaire télévisuel : Bonjour, je suis une étudiante Française en échange à Brno, et je mange en cachette les paquets de chips des autres ! Bref, que de gloire je sens tomber sur ma pauvre tête. Non, arrêtez, c'est vraiment trop.

Hier la pluie s'est changée en neige vers cinq heures de l'après-midi, c'était assez impressionnant. Et j'ai toujours le tampon sur l'intérieur du poignet bien net et bien lisible, quoique l'encre soit passée quelque peu, qui témoigne de ma présence, mecredi soir, au concert que les Raveonettes donnaient au Club Soda. La salle est effectivement comme un club : cachez la scène, qui surplombe depuis le fond, et l'on dirait une discothèque. Mais je l'aimais bien. J'ai débarqué à 20 heures dans une salle quasi vide, moi j'étais seule et je ne buvais pas. Imaginez la honte ! Il fallait se tenir ainsi au milieu du vide, exposée au regard de tous, sans but ni propos autre qu'attendre le début du concert. J'ose me flatter de m'en être honorablement sortie. Je regardais le reste du public et il me semblait que pour tout l'or du monde, je n'aurais souhaité être dans la peau de l'un d'entre eux. Il y avait beaucoup de couples, sinon pas mal de garçons. Tant mieux ; je me méfie toujours de ce qui attire surtout les filles.

Le concert a débuté à 21 heures pétantes avec l'arrivée en scène d'un groupe que j'ai plus tard identifié comme étant les Black Angels, des gens qui sont mes amis MySpace depuis plus d'un an et demie... Si je les ai ajoutés, c'est que je les ai écoutés et aimés ; cela colle avec l'impression qu'ils m'on faite en direct. J'étais tout devant, près de la scène (au deuxième rang peut-être), juste à côté de l'enceinte droite. De mon point de vue, je ne voyais pas la batteuse, la seule fille du groupe, mais qui se débrouillait impeccablement. Le chanteur avait une grosse barbe et une casquette enfoncée sur les yeux (à croire qu'il était complexé du visage ?) et se tortillait derrière son micro. Le guitariste à l'autre bout de la scène avait des cheveux de fille, et ce type physique carré et mince à la fois qu'ont ces gens-là. Il se courbait bien sur sa guitare, au fait, contrairement au deuxième guitariste, qui jouait le rôle de l'imperturbable, ne daignant ôter sa capuche qu'au milieu du set, révélant ainsi une tignasse dans le désordre le plus complet. Le dernier larron de la bande était un bassiste à raie et cheveux plats, avec un tee-shirt marqué PARIS à travers une tour Eiffel. Quelqu'un de discret et de volontaire à la fois.

Mais pourquoi raconté-je tout cela ? Regardez une photo des Black Angels et vous verrez sans doute tout ce que je viens de décrire, et peut-être encore mieux. Vive le rock'n'roll ; j'avais oublié combien c'était bon d'être à un concert. Le public, du reste, était enthousiaste mais sage, peut-être juste ce qu'il fallait pour que je puisse, moi, me remuer sans me faire trop battre. J'ai déjà été dans des fosses qui avaient la fièvre au corps, et je ne vous dis pas les coups que je me suis prise, et la couleur de mes chaussures après concert. Je préfère encore la honte d'être la seule du périmètre à danser comme une déglinguée. Même si ce n'était pas vraiment le cas ; il y avait juste devant moi un type au crâne rasé qui dodelinait de la tête à fond dès que ça balançait un peu.

Les Raveonettes, en tous cas, sont exactement comme sur les photos. Elle, avec sa tête de poupée scandinave, longue, mince et raide sur ses talons hauts, mélange d'élégance et de gaucherie avec sa grande guitare. Lui, l'allure d'un Peter Pan ; les jambes comme des crayons, une forme quasi androgyne et des cheveux impossibles, flexible mais digne. Les accompagnaient un grand type à lunettes et moustache, chargé d'une basse à cinq cordes (je crois), et un autre petit gars à la batterie, sans grosse caisse. D'où leur son particulier, que j'aime tant. Un régal ; il m'en faut d'autres !

Je suis rentrée à pied sous la pluie, comme la clocharde que je suis, la tête protégée par un bandana de fortune, mal au ventre, mal au genou, mal au pied, même pas mal. Qui peut le rock'n'roll peut tout au monde.

mardi 20 octobre 2009

Le chat châtié

Hier soir, Alfred et moi avons eu une conversation sérieuse. J'ignore si cela augure que je serai plus tard une mère sadique pour mes enfants.

Alfred a le droit d'aller partout dans la maison, voyez-vous, sauf dans ma chambre. Parce qu'une fois entré n'importe où, il peut se révéler difficile de l'en faire sortir ; en outre, aucune place de ma chambre ne l'attire tant que mon lit. Or je sais que, pourvu que je m'y installe à ses côtés, il va se jeter sur moi et attraper ses griffes dans mes habits, comme si c'était un jeu. Non merci. L'alternative, c'est qu'il voudra m'époustoufler avec des exploits athlétiques incluant les meubles et les étagères où je garde mes possessions les plus précieuses et les plus fragiles. Ce chat est comme ça : such a show-off. Même si depuis l'opération, il se repose beaucoup plus. Envolés, tous ses espoirs de devenir un jour un matou ! Il n'aura jamais d'enfants.

Pierre Jonquères d'Oriola, au milieu de toutes ses critiques des évolutions récentes qui ont eu lieu dans le CSO, se félicite de voir de plus en plus d'étalons en concours. Cela donne une chance aux grands champions de transmettre leurs belles qualités à une descendance.

Mais revenons à Alfred. Hier soir, lorsque je suis revenue à ma chambre, un filet de lumière passait entre la porte et le chambranle. Je me retrouvai soudain dans un film d'espionnage, un thriller : quelqu'un avait pénétré dans ma chambre en mon absence. J'ouvre la porte d'un coup brusque, espérant surprendre l'intrus. Gagné : tapis au centre de mon lit comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, Alfred me contempla un instant avant de filer sous les meubles de la pièce, derrière les immenses toiles peintes de mon oncle où je ne peux pas l'atteindre. The little devil, il sait si bien que je ne veux pas de lui chez moi ! Il n'attend pas son reste pour se cacher hors de portée.

La petite course-poursuite, où il pourrait me battre s'il n'était pas qu'un chat remarquablement intelligent, se termine dans un placard. Il croit m'avoir, le petit diable. Je peux à peine me pencher pour l'en extraire. Alors plutôt que de jouer son jeu et de risquer qu'il bondisse comme un éclair par-dessus mon épaule maladroite, je ferme la porte du placard, qui par un problème d'adaptation à l'encadrement, se coince au lieu de glisser. Ce chat a beau être agile, il n'a ni la force ni l'ampleur de mouvement nécessaire pour la rouvrir, je le sais.

D'abord il n'essaie même pas ; il n'a pas compris que je l'avais enfermé. Au bout d'un moment, voyant que je me désintéresse de lui, il tente une sortie. Il lutte contre la porte et gratte en-dessous, faisant grincer l'affaire, qui tient bon. Au bout d'un moment, comme je le trouve trop bruyant (rappelons que nous sommes en pleine nuit), je lui chuchote : "Shhhhh!" Un silence s'ensuit. Et je sais qu'il réfléchit et qu'il comprend. Il comprend que je sais qu'il est là, que je ne viendrai pas l'en sortir, car je l'y ai mis exprès.

Après quelques tentatives supplémentaires de mouvoir le placard et autant de "shhh" de ma part en réponse, je décide qu'il est assez puni et a compris la leçon. Pour en avoir le coeur net, je la lui explique à voix basse, en anglais évidemment. I'll get you out now, but you'll have to leave my room very quick, and don't try and come back! J'ouvre le placard, duquel il saute et va se réfugier derrière les toiles adossées au mur. À un bout de ce couloir improvisé se trouve l'une des portes de ma chambre. Je l'ouvre et intimide Alfred par l'autre côté. Il sort par la porte, comme si je l'en avais prié.

Car Alfred est impressionné par moi. Il sait quand je suis ne suis pas contente. Je le regarde avec des yeux terribles et je souffle entre mes dents, et je le vois qui recule et abaisse involontairement son corps, sans toutefois bouger l'emplacement de ses pattes, action qu'en anglais je décrirais par le verbe to flinch. Je n'ai jamais voulu le terrorriser, ce pauvre animal. Mais je n'aime pas les impudents.

samedi 17 octobre 2009

Redoux et précarité

La température remonte timidement. Tout à l'heure en descendant Mont-Royal, pendant quelques secondes j'ai eu à nouveau douze ans. Je me revoyais aller à la patinoire avec ma copine. Qu'est-ce que le temps ne fait pas à nos pauvres neurones...

Je me suis enfin abonnée à la BAnQ, soit la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, ayant reçu hier une lettre permettant d'attester de mon lieu de résidence. C'est chouette ; un nouveau monde s'ouvre à moi. Je vais pouvoir lire en me prélassant à la maison plutôt que de faire le trajet du Plateau jusqu'à Berri-UQAM every other day pour avancer d'un peu mes lectures scientifiques.

On m'a envoyé de nouveaux livres par la poste. Je me réjouis, car cela m'évitera d'en acheter de nouveaux, quelque grande qu'en soit la tentation, besoin ou pas besoin. Je n'ai jamais acheté de livres avant il y a un an. La compulsion commence dès qu'on se met à la littérature populaire, qui se dévore si vite et s'achète d'occasion à deux dollars les quatre cents pages. J'aime la littérature populaire, mais je n'ai pas d'argent. Je n'ai pas de travail, non plus. À croire que personne ne veut de moi ; c'est d'une tristesse ! Et le pire dans tout cela est encore que je m'en fous royalement, parce que j'ai mal aux yeux d'écrire jusqu'à une heure et demie du matin pour me lever à six heures trente et amener mon cousin à l'école. Je découvre que je sacrifierais sans hésitation tous les plans que j'avais pour ma vie ici, pourvu que cela me laisse le temps d'écrire. Je n'écris pas très vite, mais en l'absence d'activité concurrente, cela peut atteindre les quatre pages par jour. Dans le traitement de texte OpenOffice, Nimbus Roman 09, 12 points, marges de 2 cm.

Je suis censée profiter de la fin de semaine pour donner un semblant d'air de civilisation à ma chambre et écrire ma lettre de motivation pour être acceptée en second cycle à l'UQAM. J'ignore qui j'espère tromper. Je n'ai aucune envie d'une carrière (jamais eu), à moins qu'on me l'apporte sur un plateau d'argent. Peut-être est-ce finalement à moi de jouer la dupe et de prétendre que l'université est le plateau d'argent. D'ailleurs, n'est-ce pas ainsi ? Rien ne m'est impossible, je suis capable de tout. J'ai toujours su que j'étais une superhéroïne (talk about pop culture...).

vendredi 16 octobre 2009

L'ère glaciaire

Quatorze octobre deux mille neuf. Il a neigé à Montréal. Je dirais qu'il fait à présent froid comme à Varsovie à l'époque de Noël. Cela promet.

Souvent lorsque je suis couchée dans mon lit je ne parviens plus à me rappeler où je suis. Je regarde les murs blancs et la lumière qui pénètre par la fenêtre et pendant quelques secondes, je suis complètement perdue. Divers lieux où j'ai vécu se succèdent dans mon esprit (c'est un peu comme chez Proust au début de sa recherche du temps perdu), jusqu'à ce que revienne le souvenir que je suis désormais en Amérique, que je vis sur un continent différent de vous tous, que je vous ai quittés pour de bon.

Dix heures avant midi. Note additionnelle : je viens d'emmener Alfred, le chat de mon oncle qui est comme un lévrier, se faire castrer chez le vétérinaire. Je le transportais dans une boîte en carton rudimentairement fermée avec du masking tape, et sitôt dehors le chat s'est mis à miauler et à se débattre violemment. C'est qu'il a de l'énergie et qu'il a failli me défoncer toute la boîte ! Il y avait plus de blocs qu'escomptés entre la maison et le véto, et j'ai bien cru ne jamais y arriver.

"No! NO! Shhhhh. Be quiet, kitty cat. We're gonna be fine... I'm only taking you to the vet... But he's a little devil!" criais-je dans la rue, embrassant la boîte en carton de toutes mes forces. Je m'adresse toujours à Alfred en anglais quand ce n'est que lui et moi. "Hey, cat," dis-je en débarquant à la maison. "Wassup?"

Du reste, je m'exclame toujours à moi-même en anglais dans la rue. C'est un peu moins gênant ici que ça ne l'était en France, car la moitié réelle de la population de cette ville-ci est anglophone, l'autre est plus ou moins bilingue. L'autre jour en attendant le bus, alors que de minuscules flocons flottaient dans l'air autour de nous, deux gars avaient une conversation bilingue : l'un parlait en anglais à l'autre, qui lui répondait en français le plus naturellement du monde. Une telle occurrence n'a rien d'extraordinaire dans cette métropole-ci, mais moi je les écoutais fascinée.

Parler en anglais, en outre, est pour moi une façon de ne pas passer à tous les coins de rue pour une Française, une étrangère. C'est en effet mon drame intime de n'arriver jamais à être prise pour une locale, quel que soit le pays ou je me trouve. En France, c'est (encore ! incroyablement !) à cause de mon type ethnique. Ici, c'est à cause de la façon dont je parle français. Qui l'eût cru ?

À tous les guichets je me fais interroger sur mon statut au Canada. Canadienne de naissance, bordel ! Je vais finir par porter un tee-shirt ou ce sera écrit en grand : YES I am CANadian! Je suis née ici, mon père est né ici, mes deux parents étaient Canadiens quand je suis née, avant même qu'ils ne se marient... How much more Canadian can you get? On ne peut pas en dire autant de ma nationalité française, qu'il faut prouver en remontant à mes arrières-arrières-grands-parents, qui d'ailleurs étaient Bretons plutôt que Français.

lundi 5 octobre 2009

Premier pas dans la... Mince !

J'essaie d'arrêter de dire autant de gros mots. Sérieusement, j'essaie.

Après quelques jours extraordinairement froids en début de semaine dernière, la température a retrouvé une moyenne plus clémente. Une petite marche et l'on est en sueur. À propos de marche, la géographie urbaine de Montréal n'est peut-être pas beaucoup plus poétique que celle de n'importe quelle ville d'Amérique du nord, mais le schéma a cela de bon qu'avec mon esprit géométrique et ma mémoire, je saurai tout le Plateau et le centre-ville par coeur d'ici quelques semaines, voire jours si je me mettais en tête d'explorer.

J'habite actuellement chez mon oncle, qui a un nouveau six et demi sur le Plateau. Je dors sur une sorte de canapé déroulant à même le sol, entre des pots de peinture et des toiles, dans la pièce qui lui sert d'atelier. En ce moment, il ne s'en sert pas, trop occupé qu'il est entre son travail et son disque. Ce qui est bien en vivant ici, c'est que je vois parfois mon cousin Emile.

J'étais aujourd'hui downtown pour déposer un CV, aussi en ai-je profité pour aller glâner des renseignement à McGill College, puisque j'avais dans l'idée que si je voulais une chance de continuer dans la filière pointue que j'avais suivie jusqu'ici, c'était chez eux, université de prestige s'il en est une au Canada, que je le pourrai. Après m'être fait envoyée de bureau en bureau dans trois buildings différents, j'ai malheureusement appris que toutes leurs soi-disant "études slaves" de deuxième cycle étaient concentrées sur le russe, en dehors de quoi cela faisait des années qu'ils n'enseignaient plus rien, nic, nada.

J'étais un peu triste en repartant et je songeais qu'on n'en avait jamais que pour les Russes, tout ça parce qu'ils étaient le pays le plus étendu au monde, tandis que la Pologne et la Rèpublique tchèque, en regard, c'étaient des tous petits... qu'on n'a jamais d'égard pour les petits... Cela, c'est vrai, mais en remontant Park Avenue (pourquoi parler en anglais quand la langue officielle ici est le français, et que l'on est francophone ?), j'ai trouvé un second argument: "They don't care! They're America, Goddamnit!" Chacun ses oignons, en quelque sorte. Ici, ils ont le ministère des Affaires indiennes. La première chose que j'ai regardée en débarquant l'autre jour dans la bibliothèque nationale du Québec était une exposition sur la cosmogonie des Premières nations. Et dans combien d'administrations ou je suis allée y avait-il une section destinée aux "autochtones" ?

C'est bien de s'ouvrir à l'Europe lorsque l'on est en France. Moi, j'ai voulu être européenne au Canada. Quelle blague ! En longeant le parc, je passais à côté de terrains de sport : rien que du baseball et du football américain. Et n'est-ce pas pour cela que je suis ici, au fond ? Pour me donner une chance de changer, au lieu de continuer ce que j'ai pu connaître en France ? Ce matin, j'avais pensé que changer nécessitait un courage immense, un courage qu'à vingt-deux ans, je n'avais pas. Maintenant je réalise que ce courage, je ne me suis pas laissée le choix de ne pas l'avoir... Alors il va falloir le trouver, d'une manière ou d'une autre. C'est ce qu'on va voir.

vendredi 2 octobre 2009

Gueule de bois

Je ne savais pas que trop boire de café pouvait avoir les mêmes effets dévastateurs sur l'organisme que trop boire d'alcool. Hier, j'ai passé l'après-midi jusque dans la nuit prostrée dans mon lit, à essayer d'oublier et à dégueuler mes viscères. Ou plutôt, tout ce que j'avais eu le malheur d'ingurgiter dans la journée. Quel gâchis, sinon de bonne bouffe, du moins d'argent... Ça file entre les doigts à une vitesse, ne trouvez-vous pas ?

Hier soir, il a fallu mettre du chauffage car, lorsque le vent souffle et que la pluie tombe, on croirait sentir la neige qui vient. C'est juste une passade ; il ne neige jamais début octobre à Montréal, bien entendu.

La conclusion de mes histoires de vomi (c'est tellement rock'n'roll !), c'est que je ne vais pas à Peel essayer de me faire recruter chez American Apparel. Pas aujourd'hui du moins, peut-être lundi. Au diable du reste le travail ! Qu'a-t-on besoin de manger quand on écrit ? J'aimerais néanmoins écrire encore plus que je ne le fais, mais la conscience de ma médiocrité m'en empêche. Au demeurant, avec une maisonnée sur pied à six heures du matin, j'aurais tort de me laisser écrire la nuit jusqu'après minuit ; c'est ainsi qu'on s'attrape des gueules de bois de caféinomane. Lire est plus sûr, et puis un livre expédié tous les trois jours est un bon rythme. Pourquoi vouloir le ralentir ?